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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 15:53

Le 14 mai nous quittons les jardins artificiels de Tachkent pour la steppe kazakh. Comme à l'accoutumée les formalités douanières nous prennent plusieurs heures. On ne sait où attendre avec nos vélos, pour nous impossible de se faufiler dans la file d'attente. C'est la désorganisation totale, certains sautent les barrières pour avancer dans la file faisant passer leur volumineux paquets en premier, les flics gueulent des choses incompréhensibles en faisant tournoyer leurs matraques. Des groupes attendent sur le bord on ne sait quoi. On choisit de faire comme eux en se rendant visible mais, a t-on le choix? On hèle le personnel, et finalement quelqu'un vient nous chercher et s'occupe de nous personnellement. Vérification des papiers, passage du contrôle des bagages, le moment le plus délicat est le dernier portique où un agent doit nous mettre le tampon de sortie. Hésitation. Où sont nos papiers d'enregistrement dans les villes? Nous n'en avons qu'un car nous n'avons été qu'une fois à l'hôtel et c'est les seuls habilités à nous enregistrer auprès des autorités. En Ouzbékistan, sur le papier, il semble interdit de camper ou de dormir chez l'habitant. A l'entrée dans le pays on nous avait pourtant dit que ce n'était pas nécessaire de nous enregistrer... Et aucun policier n'a demandé nos papiers d'enregistrement au cours de notre séjour. Une fois seulement j'ai eu un vrai contrôle de police dans le métro de Tachkent et le cœur battant j'ai attendu la question fatidique sur mon enregistrement mais rien... Je risquais une amende de 1000 dollars... On parlemente. J'explique la difficulté de communiquer avec les autorités qui ne parle pas anglais et moi qui ne parle pas russe. Et je sors l'attestation de protection de l'ambassade de France. Le sésame. La situation se débloque par magie! La douane kazakh sans être vraiment mieux organisée, est moins épique.

 

 

Changement de décor. Enfin dans la steppe! La route se faufile dans une immense plaine vallonnée et fleurie. Au loin les contreforts enneigés des montagnes. Camaïeu de vert, de jaune et de blanc. Nous passons notre première nuit dans la steppe sous la tente près d'une ferme. Les Kazakh sont plus distants que les ouzbeks. L'ouzbek a déjà posé dix questions que le Kazakh est encore en train de te jauger.

 

 

 

Puis la route s'élève de plus en plus avant de rejoindre Schimkent après une longue descente. Notre couchsurfeuse, Eugénette, est injoignable. Le jour commence à baisser quand enfin elle répond au téléphone. Le lendemain de nouvelles réjouissances administratives commencent. L'enregistrement made in Kazakhstan! On ne le fait qu'une fois mais ça dure toute la journée. Les policiers sont ici plus compliqués et corrompus que partout ailleurs. Nous sommes arrivés au Texas. Cette région située entre Schimkent et Taraz est ainsi nommée par les Kazakhs eux-mêmes car la loi kazakh ne s'applique pas ici, c'est la loi du bakchich. Ils en rigolent même et en parlent ouvertement. Heureusement pour nous, un ami avocat d'Eugénette vient à la rescousse et s'occupe de notre enregistrement. Une bonne soirée chachlik (brochette) clôture la journée passée à poireauter dans les couloirs du bureau de police et nous repartons le lendemain nos formalités accomplies. Ironie du sort, des policiers ce jour-là veulent nous donner de l'argent! Oui vous avez bien lu! Ils veulent absolument nous donner un billet pour acheter de l'eau. C'est à n'y rien comprendre...

 

Après une nuit de bivouac face à la montagne nous rejoignons Taraz le jour suivant sous un ciel menaçant. L'orage éclate alors que je demande de l'eau à une ferme. Finalement nous passerons la nuit chez eux. Le lendemain matin l'orage gronde toujours. Nous attendons plusieurs heures et enfin le ciel s'éclaircit mais un orage s'abat sur nous en fin de journée. A l'abri sous un tunnel de la voie ferrée, la tempête reste impressionnante. Le ciel est bouché, les montagnes invisibles et la grêle s'abat violemment pendant plusieurs minutes avant d'être relayée par des litres d'eau. J'observe les flaques qui gagnent du terrain sur notre abri. Une heure après, la terre grasse est devenue une immense patinoire. Nous enlevons la boue à pleine main car elle bloque nos roues et chaque passage de voiture est l'occasion d'une copieuse douche. Ce soir-là, l'orage rôde toujours et au loin le ciel est illuminé par les éclairs. Encore une fois, nous essuyons une averse alors que nous dînons. Un monsieur nous a proposé un bout de jardin pour mettre nos tentes mais il a insisté pour mettre nos vélos à l'abri chez lui!

 

Le lendemain le ciel est enfin nettoyé et les montagnes sont resplendissantes. Le vent et le soleil jouent avec l'herbe qui danse. Je navigue avec bonheur dans cet océan, les vagues sont douces. Déjeuner dans les herbes hautes. Je pourrais rester là une éternité à regarder la montagne. Mais il faut reprendre la route et trouver un camion pour nous avancer sur la route d'Almaty. Nos visas mongols et russes risquent en effet de prendre un peu de temps. Arrêtés sur le bord de la route à la sortie de Merke, un poids lourd lourd nous prend en stop. La route est défoncée et parfois même en travaux. Nous allons mettre de longues heures à faire quelques 300 kilomètres. Je voyage couchée sur la banquette à l'arrière de la cabine. Après plusieurs heures de route cahotante j'ai une horrible envie d'aller aux toilettes mais je n'ose pas demander car nous avançons à faible allure et le chauffeur doit être pressé de rentrer chez lui. Enfin vers 22h nous nous arrêtons dans une station pour prendre un café. Nous essayons de lui expliquer qu'il peut manger et que nous dinerons plus tard car nous n'avons pas assez d'argent pour payer trois repas. Mais il veut juste faire une petite pause et dîner chez lui. Au final il insiste pour nous offrir le café et un gâteau. Nous le quittons vers 23h à une soixantaine de kilomètres d'Almaty. Nous cherchons à la frontale un endroit tranquille pour poser la tente. Le repas est vite expédié car le lendemain nous ne devons pas partir trop tard pour rejoindre Almaty. L'entrée dans les grandes villes peut être longue et fastidieuse...

 

La route d'Almaty est très belle car elle est vallonnée et proche des montagnes. De plus le temps est très clair aujourd'hui. Il fait chaud. Je m'arrête pour chercher de l'eau dans un restaurant. Les serveuses me posent tout un tas de questions en voyant mon drôle de vélo. C'est l'heure du déjeuner et nous sommes hélés par un groupe de chauffeurs ouzbek. L'un d'eux nous a vu pédaler dans le Karakalpakstan et vient de nous reconnaître. Ils veulent absolument que nous déjeunions avec eux. Ils viennent de commander des chachliks et du thé. Vincent fait la tête car il est contraint de manger de la viande grasse de mouton, ce qu'il déteste! Moi je suis aux anges car j'adore ça, les brochettes de mouton sont mes préférées surtout quand la viande est forte comme aujourd'hui. Fin de journée. Arrivée à Almaty. C'est immense! Notre couchsurfeur est injoignable et il n'y a personne à l'adresse indiquée. Heureusement j'ai le numéro d'une autre couchsurfeuse qui accepte de nous héberger. Je suis soulagée de la voir arrivée à 22h à notre point de rendez-vous. La journée à été longue!

Par parisvladiv
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Mercredi 1 juin 2011 3 01 /06 /Juin /2011 11:27

Notre départ de Samarcande annonce déjà la fin de notre traversée de l'Ouzbékistan une semaine plus tard. Pas le choix. Notre visa expire le 14 mai et c'est aussi le premier jour de notre visa kazakh.

 

La jovialité ouzbek va sûrement me manquer. Les bonjours, leurs sourires, leurs questions... Ici on ne se sent pas anonyme, on vous dit bonjour comme si vous étiez un ami de longue date en vous serrant longuement la main et en vous entraînant aussitôt à boire un verre de thé. Seule sur la route, je me sens coureur cycliste en tête de peloton quand des gamins courent vers moi en riant, en faisant de grands gestes. Ils jubilent quand je frappe dans leurs paumes ouvertes. Des sifflements pour attirer mon attention. Les adolescents interrompent leur parties de foot et tendent les bras en l'air en criant des « Houras ». Et je deviens Zidane venant de marquer un but! Les plus vieux, eux, se lèvent en applaudissant. Jeu, set et match d'une joueuse de Roland Garros...


 ouzbekistan-apres boukara, à nastarinbony (4) ouzbekistan-boukara-chez rahima (1)

 

Et toujours sur mon chemin les questions: « D'où viens-tu ?», « Où vas-tu? », « Tu es mariée? », « Tu as des enfants? », « Quel âge as-tu? »... j'ai bien pensé me donner 10 ans de moins car ils ne me croient jamais quand je leur dit que j'ai 34 ans. J'ai même dû montrer mon passeport pour leur prouver. En riant je leur dit que le vélo ça conserve ;-)! Inévitablement après ils me demandent pourquoi je n'ai pas d'enfants. Bah oui, on est une vieille fille là bas si on n'est pas encore marié à mon âge avec une tripotée d'enfants!!!


                                            ouzbekistan-rencontre

 

Les gendarmes ne sont pas en reste. Ils abusent même de leur pouvoir en m'obligeant à m'arrêter sur le bord de la route. Ils me posent les mêmes questions bien sûr. Les rares fois où ils ouvrent mon passeport c'est juste pour regarder comment je m'appelle et vérifier mon âge, mon visa et mes certificats d'enregistrement ils s'en fichent complètement. Ensuite invariablement ils me demandent d'enlever mes lunettes de soleil puis me laissent repartir tranquillement.

                                           ouzbekistan-samarcande-dans le bus

Nous avons été hébergés de nombreuses fois dans des familles en Ouzbékistan. C'est toujours un moment agréable. Ils sont à l'affut de nos moindres gestes car leur souhait le plus cher est que l'on se sentent bien chez eux. Un piala vide, aussitôt ils le remplissent de thé. Un baillement, ils te proposent d'aller te reposer. Même s'ils ont du mal à joindre les deux bouts, ils t'offrent tout. Par exemple, ma copine Khafiza de Taschkent a trois jobs pour survivre et pourtant pas des moindres (journaliste à la télé, traductrice et professeur de langue). En revanche c'est parfois difficile de leur donner quelque chose et ils sont même capable de le refuser s'ils pensent que ça t'es plus utile qu'à eux. En revanche ne comptez pas refuser un de leur cadeau!!! Ou alors prévoyez une argumentation en béton, ils sont plus bien plus têtus que vous sur ce point! Depuis je me balade donc avec des pialas dans mes sacoches, et pour l'instant aucun n'est cassé. Mais j'ai réussi à faire comprendre que pour les robes traditionnelles il n'y avait vraiment plus de place (en plus ça pèse au moins un kilo ces trucs-là!). Alors pour plagier Lorie et Monsieur Raffarin je dirais  “Je vous recommande l'ouzbek attitude!”

 

                                        ouzbekistan-samarcande- avec farangiz et vincent

 

Bon parfois, ça a ses limites. Imaginez-vous sous votre tente tout juste montée, l'orage qui tonne. Un inconnu qui travaille là vient vous demandez de venir dormir chez lui au lieu de rester sous votre tente. Il insiste. La pluie commence à tomber de plus en plus fort. Il se faufile sous votre double-toit pour argumenter de plus belle. Et pendant une heure durant vous parlementez ainsi pour lui expliquer que non ça va pas être possible de tout réemballer maintenant pour aller chez lui (ah oui parce qu'en plus il n'habite pas à côté, faut reprendre le vélo!). Ensuite vous lui dites que vous aimeriez bien vous reposer dans votre tente. Et là pas de problème qu'il vous dit! « je reste là (donc dans l'abside de ma tente!), je serais votre garde du corps ». Ils ont réponse à tout les bougres... Ce jour-là je m'en suis sortie en acceptant son invitation à dîner avec ses collègues (Et le plov était super bon ;-)!).

 

Voilà, cette newsletter pour vous dire que j'ai été émue par l'accueil dans ce pays et que mon souhait le plus cher serait d'y retourner pour revoir les personnes que j'y ai rencontrées mais également pour découvrir les trésors cachés du désert, visiter Khiva et revoir grandeur nature les monuments de Boukahara et Samarcande. En Ouzbékistan, j'ai rencontré des femmes qui m'ont touchées par leur joie de vivre, leur soif de découverte et leur persévérance. Je pense à vous Rahima, Farangiz et Khafiza!!!

 

PS : Pour sentir cette chaleur ouzbek, rien ne vaut une chanson de mon chanteur ouzbek préféré, Ozodbek Nazarbekov!

Celle intitulée “Kimlar” est très nostalgique et me fait vraiment vibrer : http://www.youtube.com/watch?v=gc-puZ_4L4U&feature=related

mais vous préférerez peut être celle-ci « Begoyim », plus joyeuse :

http://www.youtube.com/watch?v=2PpSmsHWWzo

 

Enjoy!

Par parisvladiv
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 16:00

Bonjour à tous !

pfff........ Toujours pas de visa russe ...

 

Mais il y a quand même une bonne nouvelle aujourd'hui. Lush France qui m'a offert quelques produits cosmétiques dont des shampoings et après-shampoings solides (qui sentent trop bon!) pour cette aventure parle de moi sur sa page Facebook.

Voici le lien! Lush France

 

A bientôt!

Virginie 

 

 

Par parisvladiv
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 06:48

Bonjour,

je suis à Almaty avec une connection internet qui marche très bien! en attendant de faire la suite de nos visas, ce qui n'est pas une mince affaire, j'en profite pour mettre à jour le blog. Et donc voici de nouvelles photos sur l'Ouzbekistan.

Venez admirer les splendeurs architecturales de Boukhara et Samarcande et découvrir la très soviétique Tachkent dans les 2 derniers albums photos 15-De Boukhara à Samarcande et 16-De Samarcande à Tachkent!

 

ouzbekistan-samarcande-la madrasa chir dor et ses -copie-1ouzbekistan-tachkent-la banque nationale ouzbek (1)

Si vous observez bien ces photos, les motifs de la madrasa Chir Dor de Samarcande sont repris sur le bâtiment de la banque nationale d'Ouzbekistan de Tachkent. Le bâtiment a un style un peu différent par contre! ces motifs sont aussi présents sur certains billets de banque. 

 

Allez, en prime je vous mets ma chanson ouzbek préférée en lien sur youtube pour accompagner le voyage... 

 Il s'appelle Ozodbek Nazarbekov et la chanson est Kimlar :

 http://www.youtube.com/watch?v=gc-puZ_4L4U

 

A bientôt!

Virginie

Par parisvladiv
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 19:29

 

Depuis Aktau nous n'avons pu nous connecter à internet, c'est donc la première chose que nous faisons en arrivant à Boukhara. Retour au monde moderne! On ne sait pas encore où on va dormir aujourd'hui car le téléphone de notre couchsurfeuse ne fonctionne pas. Heureusement, j'ai un plan B, trouver un petit hôtel nommé Munbinjon qui est tenu par un tadjik, ancien champion olympique de ping-pong. C'est aussi il parait le plus vieil hôtel de la ville. Il est un peu délabré mais on peut encore admirer les beaux plafonds, les frises et les poutrelles ciselées. La douche est remise à plus tard car celle de la guest-house ne marche plus mais on est plus à un jour près!

 

Dès le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil sur des kurpatchas (les matelas traditionnels ouzbek) nous partons à la découverte du vieux Boukhara. J'ai l'impression de marcher dans un décor de cinéma. Les mosquées et les madrasas ont été rénovées, parfois même un peu trop, et exhibent toutes des mosaïques les plus belles les unes que les autres. J'aime le bleu turquoise de la majolique des coupoles qui s'élèvent au dessus des pierres ocres. Mais la place Liab-i-Khaouz a ma préférence. Elle est entourée de monuments splendides et au milieu un bassin entouré de mûriers pluricentenaires rafraîchit l'atmosphère. Les arbres sont noueux et leurs feuillages touffus cachent des baies juteuses et sucrées. Comme une enfant je me contorsionne pour cueillir les fruits mûrs qui explosent souvent dans mes mains avant d'être mangés. Sous les arbres, des bancs voient défiler les touristes sexagénaires, des jeunes l'oreille vissée à leur portable, des enfants suçant une glace, des vieillards prenant un peu de repos. Mon voisin est de ceux là, c'est un ouzbek édenté de 80 ans qui a fait la guerre avec les russes en Allemagne et qui m'annonce fièrement “Hitler, Kaput!”. Puis, reposé par l'ombre des mûriers, il reprend sa marche claudiquante.

 

Entre temps nous avons réussi à joindre Rahima, notre hôtesse Boukhariote, qui nous accueille dans la maison familiale, à l'écart de l'agitation du centre-ville. La maison s'articule autour d'un jardin potager et de quelques arbres fruitiers. Le soir venu nous partons faire le pain avec ses parents dans la maison que son père construit pour ses enfants. Le four est en plein air et les galettes de pâte sont enfournées par une ouverture sur le dessus du four pour être collées sur la paroi. Il fait déjà très chaud autour du four mais la maman de Rahima passe régulièrement le bras à l'intérieur pour vérifier la cuisson des pains et les retourner. Elle n'est protégée que par un gros gant et des flammèches apparaissent au bout de temps à autre. Elle s'arrête parfois pour permettre à ses membres de reprendre une température normale. Le pain chaud est délicieux mais quel supplice pour le cuire! Je touche ses mains toutes rêches et ridées et en rentrant à la maison je lui donne mon tube de crème Polaar pour les mains. Elle en a bien plus besoin que moi! Elle est toute contente et en a même les larmes aux yeux. Ce n'est pas si souvent qu'on doit se préoccuper de sa peau et lui faire des cadeaux de ce genre. Rahima est rentrée avec les enfants du parc à 10h du soir pour profiter de la fraicheur nocturne. Nous dinons tous ensemble autour de mes photos de voyage. Les enfants ont voulu se joindre à nous et tombent de sommeil les uns après les autres. La maman de Rahima en oublie presque de manger mais elle aussi commence à avoir les paupières lourdes. Le lendemain matin c'est à son tour de nous montrer les photos de son pèlerinage à la Mecque dont elle vient tout juste de rentrer.

 

Nous partons en fin de matinée de Boukhara, la route est facile et le paysage est plus vert mais je sens mon manque de sommeil de la nuit passée. Nous sommes hébergés ce soir là dans une maison à qui nous avons demandé de l'eau. Ils nous ont proposé de dormir à la belle étoile sur l'estrade traditionnelle. Cette estrade sert à tout, à s'allonger pour la sieste, boire le thé ou prendre les repas. Après le thé , je commence à somnoler avant de m'endormir profondément jusqu'à l'heure du diner. Nos hôtes viennent nous rejoindre avec pleins de bons petits plats faits maison dont les fruits au sirop maison dont je raffole: des prunes, des abricots mais aussi des figues gorgées de soleil et de sucre. La femme ne sait pas parler russe et sa timidité a vite disparu. Elle est maintenant très volubile et je ne comprends pas grand-chose à ce qu'elle me raconte. A chaque fois que je lui sors “Nipanymayou” (je ne comprends pas ), elle rigole et découvre ses dents en or. Son mari a saisi une occasion de boire et on ingurgite avec lui plusieurs bols de vodka, cul-sec s'il vous plait! Qui sont suivis aussitôt par des bols de vin, cul-sec aussi ! Eh oui, c'est un peu déroutant au début mais ici ils boivent d'un trait tous les alcools et toujours dans des pialas. Pour la vodka ça passe encore mais pour le vin et la bière c'est un peu dommage, on n'a pas le temps de déguster.

 

La nuit fut bonne, l'alcool y est sûrement pour quelque chose. Mais le lendemain matin, 500m après la maison je recroise le mari et me fais avoir en beauté : il me tend un piala que je crois rempli d'eau au premier abord mais je comprends vite mon erreur... un bol de vodka à 9h du mat' c 'est bien la première fois que ça m'arrive, je ferais attention la prochaine fois! Je décline le deuxième prestement, faut pas exagérer quand même!

 

Notre randonnée se poursuit dans un paysage verdoyant. Des enfants grimpent dans les mûriers pour y déguster les baies et les villages sont de plus en plus nombreux. Mais qui dit verdure dit insectes. A présent de nombreux cadavres de frelons mutants jonchent la route. Je ne sais pas ce qui les fait tomber ainsi comme des mouches, est-ce les voitures qui arrivent à vive allure? Toujours est-il que, pour les cyclistes ça marche aussi. Alors que j'étais en train de rouler tranquillement, l'une de ces grosses bestioles est venue s'empaler sur mon cou. C'est sûr il a dû être sonné après un tel choc: moi à 25 km/heure et lui voletant en sens inverse. Il a sûrement rejoint ses camarades sur le bitume brûlant. En tout cas la collision n'a fait heureusement qu'une victime, et ce n'était pas moi! Ça brûle énormément les piqûres de ces insectes et ça gonfle aussi avant de démanger pendant plusieurs jours. J'ai retrouvé sur Wikipédia la photo de mon agresseur, un frelon oriental ou vespa orientalis. Et sur Wikipédia toujours, il précise que “Selon une idée reçue, le frelon serait, parmi les hyménoptères, celui dont la piqûre est la plus dangereuse. Cette affirmation est le plus souvent fausse : une piqûre de frelon n'est généralement pas plus dangereuse qu'une piqûre de guêpe ou d'abeille. De plus, le frelon est assez pacifique et n'attaquerait qu'en dernier recours. Néanmoins la piqure est particulièrement douloureuse à cause d'un taux plus important d'acétylcholine. Bref après un bon traitement à la cortisone, ça va beaucoup mieux, je m'en sors juste avec une tête un peu bouffie pendant quelques jours. Allez savoir pourquoi, la cortisone fait désenfler les zones affectées pour faire gonfler le reste de votre corps. C'est à n'y rien comprendre...

 

Le lendemain matin, Vincent se lève malade et ça ne s'arrange pas au cours de la journée, il a attrapé une sorte d'angine et a de la fièvre. Nous nous arrêtons donc 40 km avant Samarcande et au bon moment car un violent orage éclate alors qu'on finit de monter la tente.

 

J'avais encore en tête la description d'Ella Maillart entrant avec ses chameaux dans Samarcande, le joyau du terrible empereur Tamerlan devenue une escale légendaire de la route de la soie au milieu du désert . Pour moi ce fut un peu différent, je suis rentrée avec mon fidèle destrier d'acier dans un concert de klaxons. Et le désert a complètement disparu face au aux arbres, au gazon et au bitume.

 

Nous arrivons donc pour le déjeuner à Samarcande. notre couchsurfeur a été papa dans la nuit et vient de commencer un nouveau job donc c'est un peu la panique de son côté. Nous allons dormir chez sa cousine, Farangiz qui nous emmène visiter la ville. Ça tombe bien elle fait des étude de guide interprète et a plein d'histoires à nous raconter. Samarcande est complètement différente de Boukhara, bien plus grande et surtout la vieille ville n'existe plus. Seuls subsistent les monuments historiques perdus au beau milieu de la ville moderne: mosquées, mausolées et médersas me semblent encore plus imposantes qu'à Boukhara. Le plafond couvert de feuille d'or du dôme de la mosquée Tilla Kari, les lions-tigres ornant le portail de la madrasa Chir-Dor, l'imposant mausolée Gour Emir mais surtout Shah-I-Zinda, la nécropole du “roi vivant”. Une ruelle monte sur la colline de l'Afrosyab qui domine la ville découvrant un enchevêtrement de mausolées aux mosaïques bleutées. À l'intérieur de l'un d'eux un religieux psalmodie une prière, les visiteurs assis contre les murs. Silence de l'assistance. A la fin de l'oraison, certains se dirigent devant la tombe pour faire des offrandes. Il n'est pas rare de voir ainsi sur les tombes des billets laissés par les dévots. Ce dédale est étourdissant, les mausolées étant bâtis au cours de plusieurs siècles ils présentent tous des motifs différents qui se répètent à l'infini sur les façades.

 

Nous sommes pris par l'orage un première fois en descendant de l'observatoire d'Oulough-Begh, le petit-fils de Tamerlan qui lui succéda. Poète et mathématicien, il fut l'un des plus grands astronomes de son temps. Grâce à son sextant géant, il réussit entre autre à répertorier plus de mille étoiles! La pluie nous attrape une nouvelle fois à Shah-I-Zinda puis sur le chemin du retour à la maison, nous décidons donc de rester une nuit de plus à Samarcande car le ciel est vraiment trop menaçant. C'est l'occasion ce soir-là de faire à notre hôte de la cuisine française et d'apprécier la différence de nos ustensiles de cuisine! Pas facile de réaliser une omelette au pomme de terre rissolées sans poêle adéquate et sans pelle et encore plus difficile de faire des crêpes... Mais finalement c'était bon quand même!

 

Par parisvladiv
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