Rechercher dans ce blog

Images Aléatoires

  • azerbaidjan-bakou-la tour de la vierge
  • ouzbekistan-samarcande-oulough begh et moi ;-)!
  • ouzbekistan-boukara-madrasa koukeldash (2)

Derniers Commentaires

Mardi 29 novembre 2 29 /11 /Nov 18:43

Le 10 août, je repars d'Ulaan Bator dans le vent et la poussière. Un mois sans vélo et je ne suis pas au top de ma forme. Il y a deux jours, je me suis résolue à prendre des antibiotiques car j'avais une crève qui ne passait pas et qui me pesait sur les bronches.

Mongolie (276)- sud d'ulaan bator

La route est désagréable. La poussière vole, attaque les yeux et la gorge. Après une dizaine de kilomètres, la ville s'estompe enfin et une montée interminable face au vent commence. Nous grimpons jusqu'au soir. Parfois une légère descente ou un peu de plat permet de récupérer mais ils ne durent jamais très longtemps. Au bout de 55 km je suis épuisée. La tente est dépliée en haut d'un col. De l'autre côté de la route un ovoo ... Les voitures klaxonnent quand elles passent devant. Ce n'est peut-être finalement pas le meilleur endroit pour dormir...

 

Les voitures observent-elles une trêve nocturne? Je me suis endormie à neuf heures et ne les plus entendues. J'ai mal aux fesses ce matin quand je remonte sur le vélo. Ça fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé. Encore quelques montagnes à passer puis le relief devient plus monotone. L'endroit semble presque inhabité. Pourtant c'est vert mais on ne croise que très peu de yourtes et de troupeaux. 125 km aujourd'hui, on a bien roulé. Je sens déjà que je vais mieux. Je suis crevée mais c'est une bonne fatigue. Morphée m'emporte avant 21h.

Mongolie (277)- avant bayantal

Il y a eu pas mal de vent cette nuit mais ce matin on a posé un couvercle gris sur la steppe. Rien de très engageant et il se met à bruiner juste avant de partir. J'ai mal derrière le genou gauche à froid alors je mouline au maximum pour ne pas forcer. Il faut que je l'économise pour la piste. Je mets de la musique pour pédaler, ça fait très longtemps que je n'en ai pas ressenti le besoin... Le programme de la journée est de suivre peu ou prou la ligne de chemin de fer et de croiser des ville-fantômes. Bayantal, on a failli la louper. Une simple petite pancarte indiquant une barre d'immeubles. Une barre d'immeubles au milieu de la steppe... Il nous restait assez d'eau donc on a décidé d'attendre Choyr, pleins d'espérance. Mais avant nous avons laissé passer quelques averses sous un tunnel de chemin de fer car la pluie s'est fait plus insistante. Nous sommes repartis mais un quart d'heure plus tard nous étions de nouveau trempés.

Mongolie-(267)- coucher de soleil aux environs de tsagaan s

Choyr, finalement je pense que je peux lui décerner dès à présent la palme de la ville la plus glauque de Mongolie. J'en ai croisé quand même pas mal des villages et des bourgs depuis un mois et demi mais là c'est le pompon. La Mongolie est un pays de nomades et il faut mieux vivre dans une yourte dans la steppe plutôt qu'en ville car clairement l'urbanisme c'est pas leur qualité première. Les villes sont moches, grises et poussiéreuses. Les maisons sont entourées de palissades et l'atmosphère est un peu pesante. Choyr c'est pareil; en pire. Même les palissades sont défraîchies et ne tiennent plus trop debout. Et il y a aussi un grand quartier avec des barres d'immeubles. C 'est fouillis, c'est étendu. Bref, sitôt provision faite d'eau et de nourriture, on a fui bien vite.

Mongolie (278)-tombée du jour avant bayantal

Le goudron se termine quelques kilomètres après. Nous avons planté la tente là, non loin d'un étang et de quelques yourtes. Petite journée mais on en a marre de la pluie et la piste sous la pluie c'est la galère. Ce soir, dîner sous la tente. Il n'a pas assez plu aujourd'hui, le ciel nous renvoie quelques seaux pour terminer le travail.

Mongolie (280)- lever de lune dans le gobi

Pas trop de sable, quelques flaques et quelques vallons pour éviter la monotonie: la piste est bonne! Je suis un ovoo ambulant, on me klaxonne à chaque fois qu'on me croise. Seule ombre au tableau, un camion indélicat m'asperge en passant à toute allure dans une flaque alors que je m'écartais pour le laisser passer. Grrrr.... La piste est moins déserte que je ne l'avais imaginé car de nombreuses mines sont proches du chemin de fer. Leurs campements ne sont pas forcément indiqués sur la carte. Aucun soucis d'orientation, il faut suivre la voie de chemin de fer et c'est tout!

Mongolie-(297)-lune rouge du Gobi

Le 14 août, arrêt à Ayrag pour faire le plein avant 120 km sans rien sur ma carte. Un type nous accoste. Il parle allemand et je me rends compte qu'il a un peu bu. Il nous amène au centre du village où sont regroupés les boutiques, et les poivrots aussi d'ailleurs. C 'est incroyable la concentration au mètre carré. Certains sont dans un état lamentable, se traînent par terre, titubent, sont obligés de se tenir au mur pour rester debout. Un mec un peu plus net fait les poches devant un magasin d'un homme saoul déjà à terre. Vite, vite, partons d'ici! On a déjeuné à l'ombre d'une cabane de chantier à l'extérieur du village plutôt que d'assister plus longtemps à ce triste spectacle.

Mongolie-(287)-paysage du désert de Gobi

La piste est bonne malgré des portions de tôle ondulée. Ou plutôt les pistes car il y en a une multitude qui se croisent et s'entrecroisent sur un kilomètre de largeur. Repas froid ce soir. Nous n'avons pas assez d'eau pour cuisiner des pâtes car on ne sait pas ce qui nous attend le lendemain. Du pain, du ketchup, des gâteaux et des fruits secs. Je suis tellement affamée que je pourrais manger n'importe quoi de toute façon.

Mongolie-(292)-coucher de soleil dans le Gobi

Trois petits litres d'eau pour faire plus de 60 km... un peu juste. C'était sans compter sur ma bonne étoile... La piste devait continuer jusqu'à Sainshand mais 30 km avant la ville une route toute neuve apparaît. Fermée à la circulation, des tas de sable la coupent fréquemment mais c'est quand même plus rapide que la piste. Les véhicules eux, ne s'y risquent pas. Sainshand se laisse désirer et demeure invisible jusqu'au dernier moment. A première vue, elle n'est pas plus affriolante que les autres villes mais finalement elle offre des trésors inespérés: du lait, des œufs et de la compote de pommes pour changer du trio pain-pâtes-gâteaux secs. Après moult questions, nous trouvons la route pour la Chine et, comme annoncé, elle est asphaltée sur les premiers 100 kms. Un peu sceptique, je m'attends à voir le goudron disparaître à tout moment au sortir de la ville après chaque tas de sable mais finalement il est toujours là. Vive les pistes cyclables dans le désert!

Mongolie-(266)- coucher de soleil aux environs de tsagaan s

Encore une fois, bivouac au milieu de nulle part. J'ai fais des rêves étranges cette nuit. Des stands de marché se montaient autour de ma tente et les allées étaient grouillantes de monde. Je me suis réveillée pour vérifier. Rien à l'horizon. Toujours cette steppe infinie baignée par le clair de lune. Ce vide me perturbe peut-être. Pas âme qui vive sur cette route hormis les lézards qui se dorent au soleil. Le beau goudron a quand même disparu pour être remplacé par une piste. On a enfin croisé un petit village pour se ravitailler en eau. Le tuyau était caché au beau milieu des chèvres. C'était assez comique car il fallait les pousser sans arrêt pour accéder à la fontaine en évitant les coups de cornes. La journée s'est achevée par 20 km de montée et c'est à ce moment que le soleil a choisi de se montrer le plus virulent. Et pour ne pas changer, on a encore dormi au milieu de nulle part.

Mongolie-(295)-pause près d'un ovoo

Depuis quelques jours, j'ai quelque chose qui gêne ma roue quand je freine. Inspection du vélo. Rien. J'ai compris aujourd'hui quand le bruit est devenu persistant. Ma jante arrière est cassée et on est à 40 km de Zamind Uud et guère plus de la frontière chinoise avec presque plus d'eau... C'est frustrant, si près du but. Mais impossible de continuer ainsi au risque de casser complètement la route et d'exploser le pneu. Un camion nous a donné de l'eau, on fera du stop demain matin.

Mongolie-(298)- ma roue est HS !

Ce n'est pas possible d'avoir autant de chance! A peine au bord de la piste un pick-up nous prend en stop. Arrivés à Zamind Uud, un jeune mongol intrigué vient à notre rencontre. Il est sourd alors on fait des dessins. Il a déjà voyagé deux mois à vélo en Mongolie et me propose une roue. Elle n'est pas très solide et un peu voilée mais ça fera l'affaire pour passer en Chine. Forcément il nous manque l'outil pour démonter la roue mais bon, tout problème a une solution!

Mongolie-(300)-des cyclistes de zamind uud

Quelques heures plus tard, devant la frontière chinoise, j'ai cru que j'allais m'arracher les bras. Il faut amener tous les bagages au contrôle mais sans le vélo. Puis il faut trouver une voiture car il est interdit de traverser la frontière à pied et en vélo. Ce n'est pas très difficile car c'est un véritable business. Une femme me propose ses services. “100 yuans par personne”. “non, 50”. “OK”. J'adore quand c'est aussi simple! Même cinéma côté chinois, on doit transporter tous nos sacs dans un dédale de couloirs et les véhicules attendent à la sortie. Quel changement! Des immeubles, des magasins, des enseignes lumineuses, des scooters et des vélos électriques partout, des voies pour deux roues... Et tout semble propre et neuf.

 

Avant toute chose, trouver une roue. Après seulement je pourrais savourer une bonne douche, faire une lessive et goûter la cuisine locale. Déjà non montée, elle ne tourne pas rond, les trous des rayons ne sont pas alignés et mal percés mais la jante est la plus solide que nous ayons trouvée. Les rayons aussi sont trop mous. Avec une roue voilée les réglages sont un peu compliqués mais finalement ça roule. A nous la Chine !

Mongolie-(296)- piste de zamin uud dans le Gobi

Par parisvladiv
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 21 novembre 1 21 /11 /Nov 01:19

Bonjour à tous!

je viens de mettre en ligne toutes les photos de la fin de mon voyage, depuis la Mongolie jusqu'à Vladivostok puis le retour en Transsibérien. 

A paraître bientôt les newsletters de la fin du voyage.

A bientôt!

Par parisvladiv
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 25 août 4 25 /08 /Août 21:44

Après de longues recherches, nous avons enfin trouvé une carte de la Mongolie à Ulaan Gom. Finalement c'est un jeune homme qui nous a conduit au bon endroit. C'est un peu compliqué de se retrouver dans les boutiques ici car un bâtiment rassemble plein de bureaux avec dans chacune une échoppe et parfois c'est écrit en tout petit sur la devanture. A l'intérieur, c'est sinistre, on dirait les couloirs d'un immeuble désaffecté.

 

Il y a des gars bourrés non stop dans une chambre attenante qui nous disent bonjour pendant trois heures à chaque fois qu'on les croise. Ce matin l'un d'entre eux a commencé une discussion d'une voix tonitruante sur les coups de cinq heures avec deux femmes nous empêchant de finir notre nuit. Avant de partir, ils nous faut encore aller au marché, vérifier que notre choix de route est le bon, aller sur internet et prier pour que la pluie s'arrête. Pas de chance, c'est les résultats des examens et tous les jeunes squattent les postes de la ville à la recherche de leur nom. On a tourné plus une heure avant de trouver un ordinateur de libre. C'est devant le cybercafé justement qu'on a rencontré des français qui font le voyage dans l'autre sens. La rencontre entre des cyclistes au long cours peut prendre du temps. Échange d'anecdotes, de cartes, de bons plans... on discute, on discute et l'heure avance. Entre-temps la pluie a laissé sa place au vent. Nous partons enfin mais impossible d'avancer à plus de 7km/h en descente. La pluie menace à nouveau. Nous décidons de nous arrêter après seulement 20 petits kilomètres au bout de la route bitumée et avant d'affronter le plateau désert nous menant à Narambulag.

 

Le lendemain nous sommes prêts à partir quand il commence à pleuvoir. On s'abrite, accroupis sous nos ponchos, mais on commence à avoir froid après une heure. Heureusement un peu plus loin un pont nous offre un meilleur abri. Enfin le ciel s'éclaircit, c'est parti pour la traversée du plateau! La piste n'est pas trop ensablée mais un peu lourde à cause de la pluie. Le sable n'arrive seulement qu'à l'entrée de Narambulag, un village posé au milieu de nulle part, assez étrange avec sa succession d'échoppes sur la rue principale et ses maisons entourées de palissades. Un attroupement se forment rapidement autour de nos vélos dans la rue principale. Chacun touche nos pneus. C'est un vrai rituel à chaque fois qu'on rencontre un mongol. Il touche nos pneus comme on baiserait le front de Barthès avant un match. Une fois la tente posée près d'une yourte à l'abri du vent, les enfants ne sont pas long à nous trouver. Ils montent sur les vélos, prennent la pose, inspectent les moindre recoins et s'envolent comme une volée de moineaux quand un adulte arrive. Soumiabès est mon chouchou avec son visage rond et rieur, ses pommettes hautes et ses sourcils à la Gengis Khan.

 

Encore une fois la pluie commence juste avant notre départ le lendemain matin. Nous avons croisé Soumiabès qui chantait son nom comme s'il ne voulait pas que je l'oublie et qui nous a suivi jusqu'à la sortie du village. On a atteint un lac salé après une vingtaine de kilomètres. Le temps est couvert, un peu de pluie, du vent, trop de vent. Une tempête de poussière arrive en fin de journée et rend encore plus pénible la progression sur la tôle ondulée. Nous dépassons une source d'eau minérale, qui paraît assez improbable à côté de ce lac salé. Un camion providentiel nous prend en stop sur la piste ensablée qui est de plus en plus mauvaise. Je vois mon vélo faire des bonds à l'arrière de la remorque. J'ai peur du résultat final...

 

En pleine nuit, nous avons posé la tente derrière une maison. Je ne regrette pas d'être descendue du camion car le paysage est superbe, le vent s'est calmé et la route est en meilleur état. Il a fait très froid cette nuit et les montagnes sont couvertes de neige. C'est beau ce contraste entre le vert de la prairie et le blanc des montagnes. Je peux admirer le paysage sans avoir le nez dans le guidon et regarder sans arrêt où se met ma roue. Comme prévu, peu d'habitation. On aperçoit parfois au loin quelques yourtes mais comme le regard porte loin ça peut être à plus de 10 kilomètres.

 

En fin de journée nous sommes arrivés dans une prairie avec des troupeaux et des campements et avons rencontré un cavalier parlant un peu anglais. Étudiant à Ulaan Bator, il travaille avec sa famille l'été. Nous avons planté notre tente à côté de leurs yourtes. Il y avait toute une tripotée d'enfants qui se sont bien amusés à monter ma tente et à faire du vélo. Notre cavalier m'a fait monter sur son cheval puis nous avons assisté à la traite des chèvres qu'ils mettent alignées tête-bêche pendant l'opération. La plus âgée des enfants, une adolescente de quinze ans s'est mise à préparer le dîner, une soupe mongole, composée de pâtes fraîches et de viande de mouton. L'occasion rêvée pour moi d'apprendre une nouvelle recette!. La viande pendait dans un coin de la yourte, elle en a prélevé un morceau qu'elle a découpé en petits bouts. Pendant ce temps je découpais les pâtes faites simplement de farine et d'eau. Puis elle a préparé le thé mongol, un peu de thé, de l'eau, du lait et du sel. En dessert nous avons eu droit a du fromage blanc de chèvre... un délice! Dans une yourte tout est bien organisé: le poêle au milieu, une table basse basse derrière. A l'arrière, le long de la yourte, des meubles en bois colorés surmontés de cadres avec des photos et un petit autel pour les dieux. Il y a aussi un coin cuisine où s'entassent les ustensiles et la réserve d'eau d'un côté de la porte et de l'autre le lavabo et la viande qui sèche. Deux lits simples complètent le mobilier. C'est petit mais tout est là.

 

Le lendemain matin, c'est jour de tonte des moutons. La laine est prélevée d'un seul tenant aux ciseaux, on dirait une couverture. Pendant ce temps le reste du troupeau est séparé, les jeunes non sevrés sont isolés d'un côté pour pouvoir avoir du lait le soir. Ce n'est pas une mince affaire car il faut les repérer dans la masse. Il y a toujours des moutons récalcitrants qui veulent s'immiscer dans la horde des jeunes. Ça saute en tout sens pendant qu'adultes et enfants courent après eux en criant. Au camp il reste finalement un petit chevreau qui est né hier soir. On me le met dans les bras, c'est tout mignon, il a encore le cordon ombilical qui pendouille. Les enfants se le refilent l'un à l'autre, c'est leur nouvelle peluche. Un peu de répit pour le chien auquel ils tirent la queue et tord la tête pour se faire prendre en photo. 

 

Encore 30 km avant d'arriver à Songino. Dès que nous quittons les yourtes pour longer la rivière, nous sommes assaillies par les petites mouches. Arrivés à Songino, nous devons faire le plein d'eau pour deux jours car pas de village avant 90 kms. Ce soir là, encore une fois, bivouac au milieu de nulle part mais en compagnie des petites mouches dévoreuses  qui mordent au sang et se faufilent partout. Le pire c'est le derrière des oreilles. Les mouches sont toujours là au matin, elles me dévorent littéralement. J'ai des morsures sur tous les coins accessible de la peau. Elle arrivent même à entrer sous les manches et dans le décolleté. Elles sont relayées pendant la journée par leurs cousines un peu plus grosses. J'ai l'impression d'être sa majesté des mouches, un halo permanent de coléoptères m'entourent et je ne pédale pas assez vite pour les semer. Mis à part ça la piste est très praticable jusqu'à Nomrog. J'ai bien dû faire 4 ou 5 boutiques dans ce village avant de trouver nos provisions qui sont pourtant assez basiques: du pain, des pâtes, des gâteaux et des bonbons. Pour l'eau pas de puits, ni de pompe mais l'eau de la rivière. Elle a une drôle de couleur et est pas mal visitée par les animaux. Par sûr qu'elle soit de bonne qualité mais encore une fois on a pas trop le choix car on doit de nouveau faire le plein pour deux jours.

 

Finalement, après une vingtaine de km on a croisé une maison et quelques yourtes dans une prairie... ça veut dire qu'il y a  de l'eau!  En effet le gardien du bak nous indique une source à 3 km et mais comme il est sympa il nous donne un des bidons que son fils lui ramène en mobylette et nous invite à dîner. Vincent lui a dit qu'il ne mangeait pas de viande donc ce sera des pâtes traditionnelles mais à la place du mouton du lait et des oignons. C'est bon mais je préfère quand même au mouton.

 

La piste se corse, elle devient très sablonneuse et je suis obligée de pousser mon vélo. Le ciel est menaçant, il est devenu d'un gris presque noir et j'entends l'orage qui gronde dans mon dos. Ça fait de beaux reflets sur l'eau du lac salé mais les éclairs ne sont sont pas très  rassurant. Le vent se lève, ce qui signifie que la pluie est proche. Je n'ai pas trop envie d'être trempée au milieu de nulle part. On mange rapidement un bout abrité sous ma bâche. Finalement l'orage n'éclate pas au dessus de nous, nous recevons juste un peu de pluie. Par contre la piste est de plus en plus mauvaise, pleine de sable et en plus ça grimpe. Mais la chance nous sourit car un camion arrive et nous conduit jusqu'à Tosontsergel. C'est là qu'on se sépare avec Vincent car je dois rejoindre en stop Ulaan Bator, à plus de 800 km, pour retrouver mes amis et lui va bifurquer vers le sud avant de rallier la capitale.      

 

J'ai compté cinq jours pour atteindre Ulaan Bator mais il ne m'en faudra que deux. Il faudra quand même que je pédale presque cinquante kms avant de trouver un véhicule. Je viens de traverser une rivière après Ikh Uul et demande le chemin aux enfants quand un 4X4 climatisé flambant neuf surgit. Je m'étais presque habituée aux camions brinquebalants où on s'entasse à l'avant avec la tête qui cogne au plafond quand la piste est trop mauvaise. Mais j'avoue que le confort du 4X4  me va pas mal... Je suis accueillie par la chanson « Voyage, Voyage » et une bière fraîche... le chauffeur est mongol et est le dirigeant d'une entreprise d'exploration minière. C'est son chauffeur qui s'occupe de la programmation musicale car son patron aime conduire sur les pistes, le chauffeur c'est pour la ville seulement ou quand il est fatigué. Petite pose au milieu de la steppe pour effectuer le rituel de bienvenu: boire de la vodka mongole dans un petit gobelet de métal (trois verres obligatoire cul sec!), et celle-ci sent fort le fromage, en faisant auparavant une offrande au ciel, puis je dois sentir le tabac qui se trouve dans une petite fiole. Ensuite au premier ovoo venu, nous nous arrêtons faire 3 fois le tour dans le sens des aiguilles d'une montre et déposons un caillou en signe d'offrande puis c'est parti pour un bon voyage jusqu'à UB!


Par parisvladiv
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 9 août 2 09 /08 /Août 06:44

Atterrissage en douceur sur une piste de terre battue. Nous sommes au milieu du désert, entourés de montagnes. Nous avons changé de monde. Même si Olgii est l'équivalent d'une préfecture, elle me semble bien petite. Des maisons de plein-pied, pas de building. Contre toute attente, nous avons trouvé des distributeurs automatiques, les technologies avancent lentement mais sûrement dans ces contrées reculées.

 

Mongolie-(001)-vue d'en haut

 

Notre hôte est américain et professeur d'anglais. En tant que Peacecorp, il vit ici simplement avec l'équivalent de 200 dollars par mois. Pas de quoi faire la fête tous les jours et traverser le pays en 4X4! Il vit chichement dans une pièce unique sans eau courante et dont les fenêtres sont disjointes. Les latrines sont dans la cour et la douche se fait au bain public une fois par semaine dans le meilleur des cas. Mais comme me dira une mongole un peu plus tard, un nomade qui se lave une fois par semaine, c'est déjà une poisson... Sa seule source de chaleur pour affronter les moins 40°C de l'hiver est le poêle en bois situé dans un coin de la pièce. La vie en hiver est difficile, une douche par mois en moyenne car c'est une effort incroyable de se déshabiller pour se laver. Le matin il fait moins 5 dans la pièce, l'eau du seau est gelée et la vie s'articule autour du poêle qui brûle du charbon. De ce fait la ville est recouverte d'un nuage noirâtre en permanence dès que le froid s'installe.

Nous avons fais des photocopies de la carte détaillée d'un chauffeur pour suivre les pistes secondaires, des courses au bazar et finalement nous n'avons pas eu le temps d'aller aux bains publics (nous sommes passés à la mode mongole ;-)). Un couchsurfeur est arrivé tardivement ce soir alors que l'on préparait le dîner en sirotant une bière, une purée de pomme de terre parfumées à l'ail et aux oignons avec plein de beurre et de lait. On dormira donc à quatre dans le studio de Brian. Entre les sacs et les matelas de sol, il n'y a plus un m2 de libre!

 

Mongolie-(006)-bayan olgii

Premier jour de piste dans un paysage grandiose et très désertique. Les montagnes sont violettes, rouges. Pas un arbre. Les seules traces vertes sont le long de la rivière que nous suivons une partie de la journée. De la belle herbe verte et des arbres à l'ombre bienfaisantes mais envahis de moustiques et de mouches. C'est intenable la concentration de ces insectes! Même chose le soir quand nous arrivons dans un endroit tranquille un peu en surplomb de la rivière que nous venons de retrouver. Un nuage de moustiques et de mouches s'abat sur nous mais c'est le seul endroit où nous pouvons avoir facilement accès à l'eau et planter notre tente car le sol est meuble et nous sommes à l'abri du vent. Malgré les vêtements longs et les gants, les moustiques arrivent à  piquer à travers les vêtements. Je mets mon coupe-vent et mon pantalon de pluie, mes buffs et mes lunettes me recouvrent presque entièrement la tête. Malgré ça, j'ai le visage boursoufflé de piqûres en quelques minutes. Heureusement le vent se lève et la fumée du feu les éloignent un peu.

 

Mongolie-(009)-depart de bayan olgii

 

La piste est devenue difficile aujourd'hui. Beaucoup de sable. Ça freine en montée et parfois même on descend du vélo pour pousser. En descente, ce n'est pas mieux. Ça chasse de tout côté. Le vélo devient incontrôlable et c'est le gadin assuré. La dernière descente de la journée dans un sol un peu mou a été cependant un vrai plaisir. Devant nous le jardin d'Éden: un lac entouré d'herbe et de montagnes multicolores. Chaque col nous fait découvrir un nouveau panorama et nous ne sommes jamais déçu. Tout est grand,  si grand! Nous croisons quelques Kamaz, de vieux camions russes, des minibus un peu brinquebalants. Quelques villages, des yourtes les plus souvent, petites tâches blanches près d'un lac ou dans la montagne. Un magasin se résume à quelques gâteaux secs, des bouteilles de soda, une boîte de cornichons ou de légumes au vinaigre installés  sous une yourte. Un gamin dort dans le lit pendant que nous effectuons nos achats.

Ce matin j'ai pris ma douche à la rivière avant les premiers rayons du soleil. Heureusement car alors que je finissais les moustiques ont fondu sur moi et en l'espace de cinq minutes j'ai bien dû avoir une vingtaine de piqûres. Ce soir, idem, les moustiques ont rappliqué mais plus tard qu'hier et nous avons pu dîner tranquille. Ces bêtes perfides ne nous laissent aucun répit. Ils en profitent à la moindre occasion. Descente sur le lac d'Achirt, les deux mains cramponnées au guidon dans la piste sablonneuse. Un moustique vient me sucer le sang juste derrière l'oreille. Je le sens aspirer le fluide mais impossible de l'en empêcher. J'ai besoin de mes deux mains. « Gave toi mon petit, ton tour viendra, sois en assuré. Tu ne perds rien pour attendre! »

 

Mongolie-(019)-lac achirt

 
Le village est désert. Une yourte avec un vieil homme voûté, une autre maison avec un monsieur plus jeune mais guère plus fringuant et de petites maisons en bois et terre, un peu délabrées pour la plupart et toutes cadenassées. L'eau du puits est très fraîche et nous avons acheté une bouteille de lait frais plongé dans ce frigo improvisé. Un vrai régal! Les produits laitiers ce n'est pas tous les jours qu'on peut en trouver. Le vieux monsieur vient nous voir de temps en temps. Il fume en silence sa cigarette roulée dans du papier journal, accroupi près de la tente et ne dit rien. Il doit avoir besoin de compagnie. Il porte un  bonnet qui fut blanc, un dell en lambeaux et de grosses bottes fourrées qui ont elles aussi bien vécues.

 

Mongolie-(027)-lac achirt-lumière du soir

Le vent a soufflé un bonne partie de la nuit mais la pluie n'est arrivée que peu après 6h du matin. Alternance d'averses et de bruines. Des flaques se sont formées, ce qui ne présage rien de bon pour la piste. Le monsieur de l'unique maison m'a ouvert la salle des fêtes pour nous abriter. Un minibus touristique est arrivé et nous a invité pour le déjeuner. Ils ont été contraints de modifier leur itinéraire à cause d'une rivière sortie de son lit. J'ai ainsi appris que le monsieur est un gardien de « bag » la plus petite sous-division administrative en Mongolie. Les nomades viennent ici  faire la fête ou relever leur courrier. Mais de nos jours, grâce aux nouveaux moyens de locomotion, ils n'ont plus besoin d'y séjourner et peuvent retourner directement dans leur campement de yourtes. Voilà pourquoi il y a ici un puits, un terrain de basket et une salle des fêtes!  Seul ce vieux monsieur a laissé sa yourte au milieu de la place déserte, trop vieux pour garder un troupeau. Il passe son temps chez le gardien, sous sa yourte ou à errer dans les environs, enchaînant les cigarettes roulées dans du papier journal. Ces deux homme sont la même respiration d'asthmatique et se tiennent compagnie. On est sûrement ici plus fort à deux pour affronter les moins 40°C.

Mongolie-(028)-lac achirt-le vieux et le gardien


Nous échangeons quelques mots à présent avec le gardien. Il a découvert le phrasebook anglo-mongol que Brian m'a donné à Olgii et commencé à le lire. Depuis, il revient nous voir régulièrement, nous apprend quelques mots de mongol, rectifie notre prononciation, nous parle du temps. Il m'a découragé de partir aujourd'hui et il a eu raison car la pluie ne nous a pas quittés, venant du lac d'abord et des montagnes ensuite. A croire que ce vallon paisible est le point de ralliement des tous les nuages des alentours. Cette après-midi il a regardé le ciel et assuré qu'il n'y aurait pas de pluie cette nuit ni demain.. pourvu qu'il ait raison.

 

Mongolie-(029)-lac achirt-le bak

 

Fin de journée. Le temps a l'air de se stabiliser. Un rayon de soleil passe à travers la porte. J'entends les deux compères chantonner ou échanger des phrases incompréhensibles. Le vieux est venu s'assoir près du poêle éteint. Il marmonne en regardant le tuyau du poêle et sort sa boîte de tabac, roule une cigarette puis sort et vient s'accroupir, adossé au mur baigné de soleil. Il se tait. Les oiseaux chantent. J'entends ronfler le moteur d'une vieille jeep russe au loin. Ah non, en fait il y en a deux, l'une tracte l'autre. Des gerbes d'eau. Elles klaxonnent. Signe de la main. le bruit s'éloigne et la vallée retrouve son calme. Je me gratte les joues rongées par les moustiques. La montagne s'éclaire, le ciel bleu gagne du terrain. Au loin une traînée de pluie. Allez, demain il fera beau!

 

Mongolie-(025)-lac achirt-lumière du soir

 


Les cols se succèdent. Les pistes mongoles correspondent à nos chemins de randonnée français. Du sable, des cailloux, des graviers. J'effectue une partie des montées à pied car une fois que j'ai mis pied à terre, la pente est trop raide pour que je puisse remonter sur mon vélo. Pas la force avec les bagages. Il faut négocier les cailloux et les trous. Mais à faible allure en montée chacun est un obstacle. Passera, passera pas? La descente se fait souvent en hors-piste. Ça secoue mais c'est souvent meilleur que le chemin. Hier nous avons bivouaqué en pleine montagne, dans la pente je me suis trouvée une petite cuvette parfaite pour mettre la tente. Nous avions pédalé jusqu'à 19h, pas moyen de s'arrêter avant. L'endroit était parfait. Juste à côté d'un torrent et face à une chaîne de montagnes. Le regard portait loin. Des edelweiss un peu partout. En contre-bas des yourtes.

Mongolie-(038)-bivouac sous le col

 

Les débuts furent un peu difficiles le lendemain. Dur de commencer par une descente en hors piste car ce n'est pas mon fort la descente. Deux chutes. Arrivés près du lac Ureg, nous ne voyons toujours pas le village indiqué sur notre carte. On a plus grand-chose à manger alors on hésite sur la piste à suivre: la piste principale est beaucoup plus montagneuse alors que la piste secondaire est plus aléatoire... Finalement on opte pour la piste principale mais le nombre de véhicules est quand même restreint. Trois véhicules en une après-midi tout sens confondus! Deux motards nous ont donné deux litres d'eau car notre carte n'indiquait ni torrent ni yourte. Par contre un camion m'a demandé de l'eau, pourtant c'était pas la place qui lui manquait pour en stocker! A la fin de la journée, au terme d'une longue montée, une vallée peuplée de yourtes se découvrent de l'autre côté du col. On nous as donné du lait, du pain et du fromage et la grand-mère nous a joué un air sur une sorte de violon à deux cordes pendant que les filles exécutaient une danse lancinante.

 

Mongolie-(041)-dans la descente

Le montage des tentes et nos vélos furent l'attraction de la fin du journée du campement. Nous allons dormir au milieu des chèvres et des moutons qui ont été rapatriés près des yourtes pour la nuit. Pour l'instant pas de problème avec les chiens, assez placides. Pas un arbre, les bouses alimentent le poêle. La grand-mère se promène régulièrement près du camp avec un grand sac sur le dos à la recherche du combustible. Pour les toilettes, c'est pas très pratique non plus... les filles m'ont indiquée une direction. En bref, tu t'éloignes un peu du campement et tu t'accroupis...

 

Mongolie-(047)-rencontres au bivouac


Finalement la nuit près des yourtes ne sera pas la meilleure. Les chèvres au petit matin se sont réveillées et approchées un peu plus près. Elles donnent des coups de tête dans la tente, essaient d'attraper la toile pour la mordiller, tirent sur les ficelles et ont même réussi à m'enlever une sardine. Je suis sortie leur faire peur, ai donné des coups de l'intérieur de la tente mais rien n'y fait. Elles s'éloignent comme une volée de moineaux puis reviennent presque aussitôt. Après les chèvres, se fut au tour des vaches de se réveiller. Elles trouvent apparemment très agréable de se frotter aux guidons des vélos et se prennent les pattes dans les fils de nos tentes par la même occasion. Bref entre 5h et 6h30, je n'ai pas dormi...

 

Mongolie-(049)-rencontres au bivouac

 

Tout le coin est passé nous voir ce matin pour regarder le fonctionnement du réchaud. Je suis partie chercher de l'eau avec une voisine et j'ai enfin découvert le puits, un trou recouvert d'un pneu. Si l'eau n'est pas très limpide, en revanche elle est fraîche. Des glaçons flottent et pourtant elle n'est qu'à 3 ou 4 mètres de profondeur. Avec mes 4 bouteilles, je suis un peu ridicule, ma voisine porte, elle, un bidon d'au moins 30 litres sur le dos. Elle me fait répéter des mots et chantonne sur le chemin. En rentrant j'ai compris comment les femmes faisaient pour aller aux toilettes. Elles mettent une grande cape et du coup pas besoin de s'éloigner trop du campement.

 

Mongolie-(048)-rencontres au bivouac

Finalement le dernier col n'était pas trop difficile. En une heure c'était gagné. Ensuite une grande descente de 10 km nous a fait quitter la montagne et rejoindre la plaine. Impressionnant le changement de décor! Nous sommes arrivés sur un terrain complètement plat et désertique. En bas un couple nous a donné des chocolats. Quelques kilomètres plus tard, nous avons retrouvé le goudron qui nous a conduit jusqu'à Ulangom. J'ai essayé d'éviter les sauterelles, de gros insectes énormes avec un long dard qui font un bruit d'hélicoptère quand ils s'envolent. Mais il y en avait des milliers sur la route donc j'ai participé au carnage.

 

 

Mongolie-(053)-étrange sauterelle

 


Nous avons opté pour l'hôtel ce soir, nous avons besoin d'électricité et il n'est pas possible de poser la tente en ville car il n'y a aucun espace vert. L'hôtel est assez pourri mais la courette est agréable et surtout on peut prendre notre douche et faire notre lessive chez le plombier qui habite juste à côté. De quoi repartir propre pour affronter les poussières du centre du pays!

 

 

Mongolie-(052)-col avant descente ulan gom Mongolie-(051)-cavalier du soir

Par parisvladiv
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 8 août 1 08 /08 /Août 20:46

Nous avons repris la route le 15 juin, il était temps! Nous sommes sortis de la ville sans trop de problème et même si le paysage n'était pas fantastique, ça faisait du bien de pédaler. Mon cerveau s'est remis à fonctionner comme à l'accoutumée: tantôt le vide dans la tête, tantôt des rêves éveillés et l'esquisse de nouveaux projets. Les soucis passés étaient bien loin.

 

kazakhstan- après ayagoz (2)

 

Avant d'atteindre Qapshaguai nous avons essuyé quelques orages et le vent violent me projetait sur le bas-côté à chaque nouvelles rafales. Situé près d'un grand lac, je me l'imaginais bucolique mais la rue principale abrite en réalité une rangée de casinos. C'est assez glauque cette enfilade de bâtiments sans âme. Nous avons finalement atteint l'un des faubourgs de la ville où se pressent des petites maisons sur un terrain sablonneux et nous avons posé nos tentes. Le lendemain le lac se découvre sous un meilleur jour, nous longeons de petites criques qui invitent à la baignade. De jolies villas se dévoilent, on je comprends mieux la suite de casinos de la veille.

 

kazakhstan- après taldyqorghan (0)

 

La route est moins passante à présent. Il faut avancer plus vite si nous voulons prendre notre avion le 24. Nous décidons de faire du stop jusqu'à Taldikorgan. Une voiture s'arrête presque aussitôt. C 'est un couple de quinquagénaires très perturbés par le manque d'essence. Tout d'abord sceptiques sur la possibilité de mettre notre attirail dans leur voiture, ils se révèlent très agréables et plaisantent sur notre voyage. Ils se détendent quand enfin ils trouvent des bidons d'essence au fin fond d'un village. Nous arrivons à Taldikorgan sous une pluie battante mais comme il est encore tôt nous décidons d'attendre la fin de l'averse et de camper à l'extérieur de la ville. La fin de la journée est finalement très ensoleillée, le ciel s'est découvert et nous campons à côté d'une rivière.

 

kazakhstan- après qyslashy

 

J'entends les gouttes sur la tente à mon réveil. Je me rendors aussitôt et quand  je me réveille à nouveau une heure plus tard, la pluie s'est arrêtée. La route est particulièrement belle aujourd'hui. De la steppe fleurie, des montagnes, quelques troupeaux de chevaux. On arrive plus tôt qu'escompté à Qysulagash, on a même failli louper le village car on l'attendait 20 km plus loin! L'eau fraiche nous donne un second souffle pour faire 40 km supplémentaires. Je ne vois pas le temps passer, je contemple la chaîne de montagnes qui vire au guimauve avec la fin du jour. Nous bivouaquons en hauteur dans des herbes. Des effluves odorantes nous titillent le nez dès que nous foulons le sol.

 

kazakhstan-bivouac près de sagabuyen

 

Nous sommes réveillés par des troupeaux qui passent devant nos tentes. Le soleil est féroce et nous nous réfugions à l'ombre d'un talus pour prendre notre petit déjeuner. J'ai l'impression de perdre aussitôt l'eau du thé ingurgité. Il fait de plus en plus sec. Les lèvres se craquèlent. Il me tarde d'atteindre le prochain village pour avoir de l'eau fraîche! Le goudron fond sur la route, il dégouline, on dirait des coulées de pétrole. Ça sent mauvais. Les voitures roulent sur le bas-côté pour éviter de déraper et on leur emboîte le pas dans un nuage de poussière. Ce soir-là on a atteint un village très agréable. Une rue principale bordée d'arbres et de maisons bleues et blanches aux jardins fleuris. A la pompe une femme russe aux ongles multicolores assortis à sa robe qui vit toute seule nous propose de dormir chez elle. Elle a allumé le banya. J'ai rêvé d'une douche toute la journée, je suis aux anges!

 

kazakhstan- à qoylyk chez lubna


J'ai dormi d'un sommeil de plomb sur le tapis du salon. Pas de troupeau ni de soleil brûlant pour me réveiller de bonne heure ce matin. J'émerge lentement dans la pénombre. Loubna est déjà réveillée.

 

La route a changé mais elle est toujours aussi belle, surtout en fin de journée quand la pluie s'abat sur les montagnes. Nous aussi on s'attend à avoir un gros orage car le ciel s'est obscurcit mais rien. Juste une bonne averse. Les éclairs sont restés au loin. Et pourtant les corbeaux énervés ont coassé pendant longtemps, les arbres se sont pliés sous le vent et le bétail a été rentré à la hâte. Nous avons planté la tente en haut d'une petite butte à la sortie du village, l'endroit idéal pour observer les allées et venues des troupeaux et le soleil couchant.

 

kazakhstan- fin de journée à qyslashy (1)

 

Je ne comprends toujours pas les suicides collectifs de corbeaux. A chaque fois ils colonisent quelques arbres où il pullulent dans un vacarme effroyable. Des cadavres jonchent la route, à croire qu'ils ne sont pas capable d'éviter les voitures. Dès 4 heures du matin, le ciel a blanchi à l'horizon et les corbeaux se sont réveillés au dessus de nos tentes. Impossible de dormir. On se croirait dans le film d'Hitchcok. Il n'y a qu'à attendre en espérant que cela cesse et qu'ils aillent s'installer dans d'autres arbres un peu plus loin...

 

kazakhstan- fin de journée à qyslashy (3)


Encore et toujours de la pluie. A l'heure du déjeuner nous sommes arrivés à une intersection. A partir de là, 100 kms sans âme qui vive s'étend devant nous. Comme la pluie n'a pas l'air de vouloir s'arrêter, nous décidons de faire du stop sous un petit abri. Aucune voiture pendant deux heures. Enfin, après plusieurs heures d'attente, un camion s'arrête et nous emmène à Ayagoz. Le type est sympa mais il a la mauvaise habitude de tout jeter par la fenêtre. Voilà pourquoi des paquets de cigarettes et des bouteilles en plastiques jonchent les bas-côtés de la route. Il rigole tout le temps et me tape sur la cuisse dès qu'il veut me dire quelque chose. Il s'énerve contre son président à la vue de la route pleine de trous et peste de plus belle quand son camion s'en prend un. C'est la première fois que je rencontre au Kazakhstan quelqu'un qui critique ouvertement la politique de son pays!

 

kazakhstan- avant qyslashy (1)

 

Ayagoz est une ville glauque à souhait, des immeubles délabrés, des rues poussiéreuses. Malgré tout, tout le monde nous dit bonjour et vient à notre rencontre. L'épicière a même insisté pour nous offrir les courses. Le coin est infesté de moustiques et de petites mouches. Les moustiques piquent à travers les vêtements et font presque la taille de pièce de un euro. Le dîner est vite expédié pour se réfugier sous  la tente car ça devient vite insupportable.

 

kazakhstan- cimetière sur la route d'oskemen


Le lendemain, la route offre plus de visibilité que la veille donc nous faisons du stop en roulant car le temps presse. Autant avancer plutôt que d'attendre au bord de la route. De plus, il y a des villes tous les 40 kms environ et pas de pluie à l'horizon. La route est aussi peu fréquentée qu'hier et il n'y a pas beaucoup de camions. Après deux heures de vélo, un kazakh nous prend en stop. Toujours aussi cool ces routiers! Il est tout sourire, moins exubérant que celui d'hier et veut nous offrir à déjeuner en prétextant que nous sommes ses invités. J'ai finalement réussi à retourner la situation à notre avantage en arguant qu'il est notre bienfaiteur car son camion est un cadeau du ciel dans ces contrées désertes.

 

kazakhstan- avant oskemen (5)

 

A notre demande notre chauffeur nous a arrêté au milieu de nulle part car nous avons encore un jour devant nous pour arriver à Oskemen. Et le paysage est magnifique ici. Une sensation de bout du monde, pas un village sur la route et des montagnes qui pointent fièrement le bout de leur nez au milieu du vert de la steppe. Sans y croire vraiment, on a suivi une piste pour atteindre un village et un lac mais les kms annoncés même multiplié par trois n'ont fait apparaître ni l'un ni l'autre alors nous avons posé la tente près d'un bosquet. J'ai été vérifier après le dîner. Le lac et le village existent. Je les ai découvert de l'autre côté de la montagne. C'était juste une histoire d'appréciation des distances. Mais on a rien perdu car l'endroit où nous sommes est idyllique. En explorant un peu plus les alentours j'ai découvert des jeunes plans de marijuana le lendemain matin. Au Kazakhstan, ça pousse naturellement partout. J'en ai déjà vu sur le bord du trottoir à Almaty.

 

kazakhstan-route d'oskemen - on prend la pause

 

Comme on avait épuisé toutes nos provisions, on a été prendre un petit-déjeuner au bord de la route. On était tellement exotique que la patronne est partie enfiler une robe à la place de son vieux tablier pour poser avec nous devant son restaurant. On avait le vent dans le dos et plutôt de belles descentes mais la pluie nous a rattrapé malgré tout. Depuis le matin nous lorgnions sur le rideau de pluie qui se rapprochait inexorablement. On a laissé passer le gros de l'orage sous un abribus sans âge et on a continué sous le crachin jusqu'à Oskemen. Alex et sa sœur, deux russes nous accueillent ce soir; avec une sacré nouvelle. Il y a eu un incident au béryllium aujourd'hui et il n'est pas trop conseillé de sortir. La sœur d'Alex, m'a fait avaler une poudre blanche qui absorbe soi-disant les substances toxiques. Ça n'a pas l'air d'inquiéter grand monde ici. Il faut dire qu'ils sont habitués à ce genre d'épisode. La ville d'Oskemen est peut-être dans un cadre magnifique mais elle est extrêmement polluée par les usines alentours.

 

kazakhstan- avant oskemen (3)

 

Nous avons été à l'aéroport et fait les courses en prévision de notre départ, toujours sous la pluie. Scotch, carton,  grand sacs. Nous sommes parés pour emballer nos vélos. En fin de journée Alex nous emmène faire une longue balade le long du fleuve et en centre-ville. Nous profitons de notre dernière soirée au Kazakhstan...

kazakhstan-oskemen-coucher de soleil

 

Le 24 juin, départ à 9h de chez Alex car notre avion est à 12h. En une heure nous étions à l'aéroport et le personnel n'était pas encore arrivé. Lors de notre passage en douane, ils ont un peu tiqué sur nos multiples visas kazakh mais on est passé sans problème. Même les vélos n'ont posé aucun soucis. Nous embarquons dans un petit avion d'une cinquantaine de places. A nous la Mongolie!!! 

 

kazakhstan-oskemen-la nuit-copie-1

Par parisvladiv
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés